Du divorce entre le design et l’ergonomie

Pour Noël, mon Homme m’a offert un très joli radio-réveil. C’est un classique entre nous, on s’offre des radios-réveil, mais pas que ! Au premier regard, il m’a bien plu, design innovant et rigolo. Et pour la première fois, je constate qu’un objet du quotidien est signé : en dessous, il y a marqué « Design Pierre de Poucques & Yves Malka« . Ouaouh, me dis-je, on reconnait donc le travail des designers ! Je vous laisse juger (il s’appelle Apollo 2, ça ne vous rappelle rien ?!) :

apollo2.jpg

Mais au fond, le design, ça sert à quoi ? À rendre les objets du quotidien plus jolis, certes, mais aussi plus pratiques, non ? Eh ben c’est là que le bât blesse. Grave même…

Parlons de la sonnerie d’abord, puisqu’il s’agit avant tout d’un radio-réveil (moderne, certes, mais bizarrement qui ne fonctionne qu’en mode sonnerie, pas possible de se réveiller avec la radio, c’est bête ça, les designers n’y ont pas songé ?!) Une horreur cette sonnerie ! De quoi vous donner l’envie de tuer quelqu’un au réveil. Comme un bruit strident et extrèmement agressif, et puis c’est dix fois trop fort ! Oui, pardon, je n’ai pas une chambre de 80 m2, moi, alors mon réveil, sur ma table de chevet, il n’est qu’à 30 cm de ma tête environ… M’est avis que ces designers-là n’ont jamais entendu parler de design sonore

Et alors comment fait-on pour l’éteindre cette p***** de sonnerie ? Et bien il faut appuyer sur un tout petit bouton, de 3 mm de diamètre à peine, perdu au milieu de 4 autres boutons sur le cul du réveil. Ah ça pour de l’ergonomie, c’est fichtrement bien pensé, bravo messieurs les designers ! Réaliser un tel exploit le matin au réveil, c’est dur (surtout qu’une fois sur deux, on ripe sur la trape des piles, donc on débranche carrément le réveil…) Une fois cette sonnerie coupée, ouf, que fait-on ? On se rendort…

Ben oui, parce que les designers ils ne sont pas au courant que TOUS les réveils aujourd’hui possèdent un mode répétitif, histoire qu’au bout de 10 à 15 minutes on se réveille doucement après avoir appuyé 5 fois de suite sur son réveil.

Pas grave vous me direz, y’a qu’à allumer la radio direct (« yakafokon » comme dirait mon oncle Le Capitaine…) Une habitude vite prise, dès le premier matin avec ce réveil on comprend qu’il ne faut pas se laisser déborder par la machine ! Alors pour allumer la radio, il faut tourner l’espèce de petite antenne située sur le dessus. Et pour allumer, je vous le donne en mille, il faut tourner dans le sens des aiguilles d’une montre, comme lorsqu’on ferme un robinet. Visser pour ouvrir, vachement logique non ?! Et une fois la radio allumée, figurez-vous que ce réveil ne donne plus l’heure, non, le cadran indique alors la fréquence de la radio écoutée. Pratique, comme ça, on ne sait plus l’heure qu’il est, on ne risque donc pas de se lever en avance !

Bon, je vais m’arrêter là, sinon je risque de m’énerver… Alors voilà, d’abord je voudrais dire à mon Homme : « Non, ce n’est pas de ta faute, l’intention était bonne. Merci pour ce cadeau ! Tu ne pouvais imaginer que ça se passerait ainsi… » Me viens ensuite une question, Pierre de Poucques & Yves Malka, ils ont quoi comme radio-réveil ?! Un téléphone portable surement…

Allez, demain je vais m’en acheter un autre. Et cette fois, j’exigerai d’écouter la sonnerie avant de me décider…

4 Réponses to “Du divorce entre le design et l’ergonomie”

  1. Hello !

    Pierre de Poucques, c’est moi.
    C’est vrai qu’il y a mon nom sous ce machin.
    Mais c’est à peu près tout ce qu’il y a de moi.
    Vos remarques sont tout à fait pertinentes, je serai le dernier à acheter ce produit.
    D’ailleurs, je n’ai même pas pris la peine de récupérer un exemplaire gratuit pour moi.

    Vous devez cependant mal connaître l’industrie et le monde de la conception en général pour vous acharner ainsi sur deux noms qui vont sont inconnus.
    Nous n’avons eu aucune prise sur le contenu de cette ogive ; à peine sur sa forme. Les fonctions offertes sont le résultat de choix économiques et stratégiques de la part de Lexon, l’éditeur.

    Ce n’est cependant pas l’endroit pour étaler tous les dessous de la naissance d’un produit de ce type.

    J’assume sans fierté cet objet, parmi beaucoup d’autres. Je n’ai pas prise sur l’intégralité de l’objet (quel designer d’ailleurs peut se vanter de telles prérogatives ?), le résultat est ce qu’il est ; nous avons eu la même surprise que vous à sa sortie… Entre le dessin de départ et la réalité, il y a un grand monde que seules des marques comme Apple par exemple, arrivent à contrôler. Mais à quel prix !

    Je réponds quand même à votre question ; je me réveille avec un réveil tout pourri, très moche et pas cher… qui a le mérite d’être rtès fiable et incassable ! ^^
    Sinon, le portable ou le palm, c’est pas mal effectivement : pourquoi multiplier les objets dans notre environnement déjà saturé ?

    Bon courage dans votre recherche du réveil idéal !

    (au moins, cette mésaventure aura eu le mérite de vous faire réfléchir sur un objet, ses fonctions, sa perception ; les utilisateurs s’éduquent ainsi petit à petit, deviennent plus exigeants, et un jour enfin, on écoutera plus longtemps les designers qui ont pensé à tout ce que vous avez évoqué, mais qui n’ont pas été écoutés, sacrifiés sur l’autel des coûts de production)

    A votre disposition pour papoter de ce genre de chose en privé ; vous avez aussi notre site web à visiter, pour découvrir que des fois, nous pensons à l’aspect pratique des choses, si si ! :)

  2. miliochka Says:

    Mea culpa, cher ami designer. Tant d’acharnement alors que vous n’êtes pas entièrement responsable… En tout cas, merci d’avoir eu le courage de vous en expliquer ici !

  3. […] virée dans les châteaux de la Loire et survol en montgolfière. À de rares exceptions près (cf. le réveil de Noël), mon Homme me fait en effet des supers cadeaux. Qu’il en soit une fois de plus remercié […]

  4. […] Tu me files ton 06 ? À cette question cruciale, enfin, je peux répondre ! Car oui, c’est un grand jour, j’ai décidé de me doter d’un téléphone de poche. “Bravo, il était temps” diront certains, quand d’autres regrettent déjà que j’aie quitté les rangs de la Résistance. Voilà déjà plus de dix ans que j’observe autour de moi des gens qui monologuent dans la rue hurlant “t’es où là ?”, indisposant un wagon entier en racontant leur week-end ou bien même jonglant entre deux portables. Alors à quoi bon m’y mettre moi aussi ? D’autant que jusqu’à maintenant, j’ai toujours réussi à m’en sortir sans, malgré mon métier où c’est un outil semble-t’il incontournable. Pour les SMS ! Eh oui, une raison extrêmement futile, j’en conviens. Mais attention, je refuse le syndrome fil à la patte, je réserve ce petit outil à un usage strictement personnel, tant pis pour les autres ! (Et en plus, ça fait réveil, et ça, ça n’est pas pour me déplaire, oui, oui, parce qu’avec les réveils classiques, j’ai eu quelque mésaventure…) […]

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